Coupe du monde de la FIFA 2026 - Entraînement de la France
par Julien Pretot
Si elle a su démontrer sa puissance offensive, sa patience et ses nerfs d'acier depuis le début de la Coupe du monde, l'équipe de France fera face jeudi à Boston en quarts de finale (20h00 GMT) à un défi d'une toute autre ampleur, le Maroc, aux allures de véritable révélateur pour ses ambitions dans le tournoi.
Il s'agit de retrouvailles entre les deux équipes, opposées en demi-finales de la précédente édition du Mondial. A l'époque, au Qatar, les Bleus avaient mis fin à la campagne historique des Lions de l'Atlas, première équipe africaine à se hisser dans le dernier carré d'une Coupe du monde.
Mais, cette fois, le Maroc ne se présente plus en tant qu'outsider espérant créer la surprise. Il s'est affirmé comme un prétendant au titre mondial, clamant ouvertement son ambition et démontrant sur le terrain ses qualités. Sans être forcément flamboyant en huitièmes de finale, il a sèchement puni le Canada, pays co-organisateur (3-0).
La France a rejoint les quarts de finale à la faveur d'une victoire étriquée face au Paraguay (1-0) qui a nécessité du tempérament et de la patience, à défaut de fluidité offensive, ainsi que le sang froid de Kylian Mbappé.
Le capitaine des Bleus a transformé le penalty victorieux, inscrivant son septième but dans cette Coupe du monde, à hauteur d'Erling Haaland et de Lionel Messi en tête du classement des buteurs avant que l'Argentin ne marque mardi face à l'Egypte sa huitième réalisation dans le tournoi.
Cette différence plutôt tardive, contre une équipe paraguayenne regroupée en défense et désireuse de ralentir le rythme par tous les moyens, a mis en exergue les difficultés auxquelles même le talent offensif considérable des Bleus peut être confronté quand viennent les matchs à élimination directe.
Avec le Maroc, les joueurs de Didier Deschamps vont se retrouver face à un défi d'une autre envergure.
La sélection nord-africaine a prouvé sa faculté à souffrir, à prendre par moments le contrôle du ballon et à punir ses adversaires avec rapidité et précision. Elle a confirmé l'impression d'une équipe montant en puissance après avoir fini la phase de groupes invaincue (un nul face au Brésil puis victoires contre l'Ecosse et Haïti) et avoir éliminé les Pays-Bas aux tirs au but en seizièmes de finale.
Le parcours des Lions de l'Atlas vient ainsi justifier la confiance qu'ils ont affichée en se présentant à cette Coupe du monde, tandis que les Bleus n'ont pas encore été confrontés à une équipe de cette trempe - un mélange de qualités techniques et de capacités athlétiques, associées à une grande confiance.
Ni la Suède, qui a coulé face aux vagues d'attaques françaises, ni le Paraguay, qui s'est rarement aventuré près du but de Mike Maignan, n'ont proposé une adversité similaire.
Il est donc attendu que ce quart de final face au Maroc serve de révélateur de la capacité ou non des Bleus à s'appuyer sur leur quatuor offensif pour surmonter les obstacles, les uns après les autres, tout en conservant un équilibre défensif face à une équipe capable de leur faire mal en contre-attaque.
La France devrait devoir se passer de son milieu de terrain Aurélien Tchouameni, qui souffre d'une blessure musculaire, tandis que le Maroc va vraisemblablement être privé de son attaquant Ismael Saibari, sorti sur blessure au bout d'une vingtaine de minutes face au Canada.
Les deux équipes ont démontré toutefois qu'elle ne manquait pas d'atouts.
(Reportage de Julien Pretot; rédigé par Jean Terzian)

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